Ma première jupe sur mesure

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Ça m’arrive de me foutre de la pomme de Pierre et de ses lubies vestimentaires, mais il faut reconnaitre qu’avoir un amoureux qui a l’œil pour dénicher les belles choses, ça a ses bons côtés. Comme par exemple, quand on est sur le point de repartir bredouilles de chez Toto, et qu’il lance, « tiens, t’as vu ce tissu, il est sympa ! Tu devrais en prendre. »

C’était de la suédine grise avec des découpes et un bord en arrondis (je sais pas comment ça s’appelle en vrai). Je dis « mouais pourquoi pas, mais pour faire quoi ? » « – Une jupe, taille haute, pas trop évasée, attends je te montre. » Il avait en tête ça ou encore ça.

Bon, pourquoi pas, je prends 2 mètres et je me dis que je trouverai le patron plus tard (alors que je déteste faire ça).

Le patron de jupe trapèze auquel je pensais n’allait pas convenir puisque le bord du bas était en arc de cercle et pas droit, et je me doutais qu’avec mon tissu, dont je voulais garder le bord en arrondis (je sais toujours pas) ça ferait des coins pas très jolis.

J’ai cherché dans ce que j’avais un patron de jupe droite, ou portefeuille, mais rien. Je pense qu’il y a un an j’aurais eu la frousse de me lancer sans patron. Mais cette année la pingrerie a été plus forte, j’ai googlé « tuto patron jupe droite gratuit », et je suis tombée, non pas sur un patron tout fait, mais sur les explications pour dessiner le patron à mes mesures.

Et me voilà partie à prendre mes mesures, et à dessiner ma jupe consciencieusement, mais sans avoir les bons outils, j’ai fait avec les moyens du bord : l’arête d’une BD a servi d’équerre (heureusement que j’utilisais de la nappe en papier avec des petits motifs carrés pour me guider) et j’ai fait les arrondis à main levée, n’ayant ni compas ni perroquet. J’étais super concentrée, j’ai tout bien fait les calculs sur le téléphone de Pierre, même les plus faciles pour être sûre de ne pas me planter. Quand je lui ai rendu le téléphone, il affichait encore le dernier calcul : 11+1=12. J’ai pas fini d’en entendre parler.

Au départ je voulais la faire assez courte, comme sur les photos que Pierre m’avait montrées, mais j’ai eu la présence d’esprit de remarquer que les découpes montaient quand même vachement haut, et que si je faisais ma jupe version mini, j’allais montrer plus que mes genoux. Ce sera donc une version midi pour commencer.

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Une fois le patron dessiné, y a plus qu’à !

Alors effectivement, c’est à mes mesures, mais pas 1 cm de plus, c’est-à-dire que je me suis sérieusement posé la question : ce soir je choisis, est-ce que je mange ou je respire ? C’est donc une jupe qui se porte le ventre vide, et debout si possible. En fait j’ai oublié de prendre en compte l’aisance à la taille au moment de calculer la taille des pinces, et maintenant que je relis le blog sur lequel j’ai pris les explications, les 2cm sont ajoutés dans le calcul mais ce n’est pas expliqué, d’où mon erreur.

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Mis à part ce problème de taille, je trouve qu’effectivement le tissu convient très bien pour cette forme de jupe, elle pourrait devenir un indispensable de ma garde-robe !

 

Ce qu’il y a de bien c’est qu’il me reste encore 1m50 de tissu et que je peux toujours redessiner le patron et recommencer. Mais je voulais quand même partager ce premier essai, déjà un peu pour me la péter parce que malgré le problème de taille, elle n’est pas mal du tout ; et aussi pour me souvenir des modifications à apporter. On note donc :

  • L’aisance c’est capital si on veut pouvoir vivre dans ses fringues ;
  • La ceinture manque de tenue, peut-être utiliser un autre tissu plus rigide ?
  • Le tissu est électrostatique et me colle aux jambes : je pense qu’une doublure pourrait régler le problème ;

 

Illustration du tissu qui colle aux jambes : la jupe crépite littéralement d’électricité statique

  • Et du coup, si je mets une doublure, je peux très bien la faire plus courte puisque les petits trous donneront sur le tissu (de la doublure) et plus sur ma peau (ou le tissu de ma culotte…). Mais comme j’aime bien aussi cette longueur, pourquoi ne pas faire les 2 ?

 

J’ai bien aimé dessiner mon propre patron, c’est une première pour moi, mais certainement pas la dernière !

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J’ai retrouvé mon Mojo

EN-FIN !

Je n’avais pas posté de projet couture depuis juin dernier. Pour cause, je n’en avais presque pas fait depuis ma veste Lupin. Ce ne sont pas les idées qui manquent, mais entre temps j’ai tricoté, je me suis mise au kirigami, je me suis plongée dans mes photos de vacances

Et puis un soir, j’ai eu un flash, une inspiration soudaine, il FALLAIT que je sorte ma machine, maintenant tout de suite.

J’avais un coupon de lainage pied-de-coq qui trainait depuis deux ans dans mes placards. On me l’avait donné avec tout un lot d’autres tissus et je ne savais vraiment pas quoi en faire. Ce n’est pas particulièrement un motif tendance, je le trouvais même carrément vieux jeu,  j’hésitais à le jeter, pensant que je n’en tirerais jamais rien de bon.

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Comment veux-tu avoir de l’inspiration quand tu as ça en tête…

Est-ce que je suis tombée sur une affiche d’Austin Powers ou une photo de Jane Birkin à la grande époque ? Je ne sais plus comment ça m’est venu, mais d’un seul coup j’ai imaginé une minijupe à taille haute, avec un détail jaune, et j’ai tout de suite transformé le salon en atelier.

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A ce stade Pierre m’avait déjà vue sortir le tissu et fouiller dans ma mercerie, il ne disait rien mais je voyais bien que tout ça ne lui semblait pas très catholique et qu’il redoutait la question qui tue (« alors t’en penses quoi ? ») à laquelle il est incapable de mentir.

Je me suis aussi souvenue que j’avais déjà cousu la jupe Trixy (Maison Victor Mai-Juin 2015), et qu’il y avait de grandes chances qu’en pied-de-coq elle donne quelque chose de pas mal. J’ai ressorti mon patron découpé et fait les modifications suivantes:

  • supprimé les poches,
  • remplacé la fermeture éclair divisible par un passepoil contrastant,
  • ajouté une fermeture sur le côté droit

 

 

 

J’ai choisi de la porter avec la veste Eagle de Vanessa Pouzet. Je ne crois pas que j’en ferai un article, je n’aime pas beaucoup la porter, elle est trop épaisse, je me sens gênée dans mes mouvements et je crois bien que je l’ai bâclée. Si je la refais « en mieux » et que le résultat me plait vraiment, j’écrirai dessus.

Réaction de Pierre : « Trop belle ta jupe ! Pourtant le motif me revenait pas du tout mais là, j’adore ! »

Je n’aurais pas mieux dit. Comme quoi, il ne faut pas rester sur ses a priori ! Je suis presque déçue que le coupon n’ait pas été plus long, j’aurais bien continué mes expérimentations. Il me reste tout de même quelques chutes, de quoi faire quelques accessoires sûrement.

Jupe Holly de Maison Victor : La jupe à deux balles

Défis techniques : utiliser la surjeteuse

…sans rire, elle m’a vraiment coûté 2, 3 euros maximum.

A la base j’ai fait cette jupe parce que je voulais jouer avec ma surjeteuse tout neuve, sans risquer de gâcher des fournitures trop coûteuses. J’ai donc trouvé une grosse chute de jean, environ 80 centimes car c’était une affaire, un tissu sympa pour les poches, disons un euro. La fermeture et le rivet ont été récupérés sur d’autres vêtements, on va considérer qu’ils sont gratuits, restent le fil et le patron, sorti du Maison Victor mars/avril 2016 : pour que mon titre fonctionne, comptons 20 centimes, et voilà une jupe à deux balles !

Au départ je n’étais pas franchement convaincue par la coupe du modèle, ni par la grimace de mon inspecteur des travaux finis quand j’ai dit que j’allais faire une jupe en jean (c’est vulgaire, qu’il dit). Au final cette petite jupe qui était censée être un brouillon et que j’imaginais toute ratée me plait énormément, et je la porte pratiquement toutes les semaines.

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