Ménage d’été dans ma garde-robe

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Comme je le disais la semaine dernière, je suis affublée d’une attelle à la main droite qui m’empêche de tricoter, il parait que c’est pour mon bien. Youpi.

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Donc, pendant que je ne tricote pas, je n’ai pas de nouveau pull. Sauf que j’ai VRAIMENT besoin d’un nouveau pull, si si, c’est pas que j’en ai pas assez, mais je veux tous les remplacer. Je vous présente ma collection actuelle :

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Heureusement qu’il fait trop chaud pour les porter en ce moment (#pointmétéo, quand je dis que je ne parle que de ça, c’est pas une vue de l’esprit) parce qu’ils sont tellement moches qu’ils me font honte, j’ai envie de refaire intégralement ma garde-robe au tricot pour cet hiver.

Ça ne me ferait pas de mal non plus d’ajouter un peu de couleur à tout ça, d’accord l’hiver dans le nord on fait un peu la gueule, mais nos fringues ne sont pas obligées d’être aussi blêmes que nous, merci bien (deuxième #pointmétéo).

Comme je ne peux que rêver de tricoter, je cherche des remplaçants à mes vieux machins parmi mes coups de cœur Ravelry.

Gilet gris synthétique

J’ai l’impression d’être née avec ce gilet, pourtant c’est un des moins abîmés du lot. Il n’est peut-être pas trop vilain, mais il est trop petit et la matière synthétique n’est pas très agréable à porter.

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Je le remplace par :

From way back ou Southwell

Le premier est très simple, mais le dos bien travaillé en dentelle lui donne l’originalité qui manque à mon gilet.

Le second a l’air un peu plus épais, plus adapté pour l’hiver.

Pull rouge Best Mountain

Il n’est pas vieux, mais il a mal vieilli : je pense qu’à un moment j’ai merdé sur la lessive pour en avoir autant abîmé en si peu de temps. Il est bouloché et il perd ses oeillets, bref, poubelle.

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Je le remplace par :

Annulaire

Un pull col V tout simple, c’est un indispensable de ma garde-robe. Mais les petits motifs de devant sur Annulaire me plaisent, ça casse la monotonie du jersey, OK il faut penser au résultat final, mais sans oublier de se faire plaisir sur la technique !

Pull blanc Best Mountain

Je ne m’en étais pas aperçue avant de le prendre en photo, mais il est taché devant, il n’est plus blanc du tout, et l’empiècement du coude est troué, pourtant je le portais encore le mois dernier.

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Je le remplace par :

April ou Winterberry

Le motif d’April est plus délicat, mais celui de Winterberry est carrément dément

Pull léopard Naf Naf

Au départ doux et de taille raisonnable, il est devenu rêche et gigantesque, je ne sais pas comment, c’est possible que les vêtements grandissent au lavage ? Mais il est épais et chaud.

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Je le remplace par :

Lattice or Braid ou Fino

Bon, là je triche un peu, Braid est déjà presque fini, mais un deuxième avec des accents jaunes me plairait beaucoup.

Pull bordeaux Naf Naf

Je crois sans mentir que je le portais déjà il y a 5 ans. Il est élimé, bouloché… Au départ sa forme et sa taille haute étaient parfaites pour le porter sur une robe ou donner un petit air vintage à une tenue banale. Maintenant il donne juste l’air d’un sac.

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Je le remplace par :

Miette ou Blaster ou Secrecy

Un petit gilet court à porter avec un pantalon haut ou une jupe, une robe.

Miette et Blaster sont très similaires, Secrecy est tricoté avec un fil lace doublé qui promet chaleur et douceur. Dur de choisir !

Gilet oversize léger

Sa couleur « résidu de sèche-linge » n’est pas des plus seyantes, et il est trop fin pour être d’une quelconque utilité.

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Je le remplace par :

Isabel ou Adventurous

Isabel passera sur mes aiguilles un jour, c’est sûr. Il faut juste que je trouve le courage de tricoter un gilet long avec des aiguilles de 4, mais ça viendra.

KAL lattice or braid partie 2/2

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Pour la partie 1/2, CLIC

La fois passée on a vu comment monter les épaules de Lattice or Braid (enfin Braid en ce qui me concerne). Bon bah une fois que c’est fait on tricote en rond jusqu’en bas, rien de bien sorcier.

Un détail m’a demandé un poil de réflexion quand même : les rayures, et la question qui me préoccupait plus précisément,  quelle est la meilleure technique pour gérer le changement de couleur ? Faut-il vraiment couper le fil à chaque fois ?

C’est ce que j’ai fait au début, pour les 6 premières rayures : je me suis dit que si j’attendais la fin pour rentrer les fils ça allait être un joyeux bordel, alors j’ai fait une première fournée de rentrage.

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Il m’a fallu pas loin d’une heure pour rentrer 12 morceaux de fil. Il faut faire environ 30 rayures, soit 60 bouts de fil, une petite règle de 3 m’apprend qu’il me faudrait cinq heures, presque une journée de travail, ou 5 pauses repas, rien que pour rentrer les fils une fois le tricot terminé.

Watch me….

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Donc non, évidemment que j’allais chercher un autre moyen de faire mes rayures.

J’ai trouvé une technique peut-être pas très orthodoxe, qui se voit un peu de l’extérieur mais qui m’aura permis d’écourter la corvée :

Lors du deuxième rang de couleur principale, tricoter jusqu’à l’avant-dernière maille:

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Passer le fil de oculeur contrastante sur l’avant entre l’avant-dernière et la dernière maille

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Tenir le fil contrastant et le fil principal ensemble et tricoter la dernière maille à l’envers, avec les 2 fils.

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Repasser les deux fils derrière et tricoter le troisième rang normalement avec le fil de couleur principale

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Et ensuite tricoter le rang de couleur contrastante normalement.

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Et on recommence pour chaque rayure.

Si le changement de couleur était plus espacé, je pense que j’aurais continué à couper les fils et les rentrer au fur et à mesure, mais finalement ma petite trouvaille m’a permis de gagner du temps sans influencer l’aspect extérieur du pull, donc pour une fois, vive la flemme.

J’aurais du finir cet article directement avec les photos de mon pull porté, mais il lui manque encore une manche et je ne vais pas la finir avant une bonne dizaine de jours car j’arbore un nouvel accessoire fort peu seyant et pas super pratique pour tenir des aiguilles :

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Le tricot est addictif et provoque des effets néfastes sur la santé, ne commencez pas.

KAL Lattice or Braid partie 1/2

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C’est quoi un KAL et ça mange quoi l’hiver ? C’est un acronyme pour « knit-along », qu’on peut traduire grossièrement par « tricotons ensemble ». En gros je tricote et je décris en même temps les difficultés que j’ai rencontrées, pour aider ceux d’entre-toi qui seraient tentés par le modèle mais qui aimeraient bien voir avant comment ça se goupille.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, j’ai envie de parler un peu de ce projet.

Il y a quelques années j’avais une marinière que j’adorais. J’aimais beaucoup sa forme un peu plus originale que les marinières classiques, un peu large, très fine. Je l’ai portée une saison, peut-être deux, puis je ne sais comment, je l’ai affublée d’un trou sur le devant, et terminado la marinière.

Quand j’ai vu ce fameux Lattice or Braid sur Ravelry, il m’a rappelé la forme de mon pull, en un peu plus épais. Je l’ai imaginé en blanc et bleu, les torsades sur les manches apportant un petit plus celte, ça m’a bien plu. Bon il faut dire que j’ai une folle envie de vacances en Bretagne, ça joue certainement sur mon inspiration.

Je ne suis pas sûre de pouvoir publier les photos de la créatrice sans avoir de problèmes de copyright, et comme je n’ai pas envie de le découvrir, je vais me contenter de partager le lien vers la galerie : pour les photos du modèle d’origine, c’est ici.

J’ai choisi le fil Drops Flora, parce que j’avais bien aimé la Merino Extra Fine de la même marque, et elle a l’immense avantage d’être très bon marché et de bonne qualité, ce qui n’est pas pour me déplaire ! En revanche la gamme de bleus ne me plaisait pas du tout, je me suis finalement tournée vers le rouge, qui reste un grand classique des marinières.

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Après moultes tergiversations, j’ai opté pour Braid, la version avec les torsades tressées, c’est celle qui me rappelait le plus la Bretagne et les nœuds marins.

On trouve en première page des explications un petit schéma, qui explique dans quel ordre tricoter l’encolure.

Maintenant que j’ai fini cette étape, je le trouve plutôt facile à comprendre ! Mais en ouvrant le PDF la première fois c’était une autre histoire.

Étape 1 : tricoter 2 torsades de la longueur indiquée

Elles descendront des épaules le long des manches sur le pull terminé.

J’ai décidé de bloquer mes torsades avant de passer à la suite, mais ce n’est pas une obligation. Pour les explications sur le pourquoi et le comment du blocage, illustré avec ces mêmes torsades, c’est ici !

Une fois les torsades bloquées, je les pose exactement comme sur le schéma, et j’obtiens ça :

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Finalement le plus perturbant c’est ça : l’épaule gauche est dessinée à droite, et vice-versa. Si le schéma avait été conçu dans l’autre sens, pour que l’épaule droite soit dessinée à droite, ça aurait été beaucoup plus compréhensible. Une idée d’amélioration pour une prochaine version peut-être ?

La partie où se trouvera le dos est en haut de la photo, et le décolleté en bas.

Étape 2: relever des mailles le long de l’épaule droite

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Avec les aiguilles circulaires je relève le bon nombre de mailles sans les tricoter, puis je mets l’ouvrage dans le bon sens (ici l’endroit vers moi) pour tricoter toutes les mailles à la suite.

Ce n’est pas la technique préconisée : avec la méthode « pick up and knit » normalement on relève une maille, on la tricote, on relève une autre maille, on la tricote, et ainsi de suite. Je n’aime pas cette façon de faire parce que je ne sais jamais avant d’arriver à la fin du rang si j’espace suffisamment les mailles, ou si je les répartis uniformément. En relevant toutes les mailles d’abord je peux me corriger sans tout défaire et refaire plusieurs fois, je trouve ça plus rapide.

Etape 3: travailler en rangs raccourcis

On pourrait tricoter droit, mais ça donnerait des emmanchures à 90 degrés, et le corps humain n’étant pas un Playmobil, il ne contient pas d’angle droit (j’ai vérifié). Pour créer un dénivelé qui suit la courbure naturelle entre l’épaule et le cou, on tricote des rangs courts, c’est à dire qu’on tourne l’ouvrage avant d’arriver au bout du rang. De cette façon le côté col gagne en profondeur pendant que l’épaule reste au même niveau.

On procède de la même façon pour le côté gauche : on relève les mailles, et on tricote en rangs raccourcis.

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A la fin du dernier rang de l’épaule gauche, je monte les mailles de l’encolure, et c’est là cette étape que les deux côtés se rejoignent.  Je tricote tout simplement le côté gauche à la suite des mailles que je viens de monter.

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J’ai oublié de prendre les photos du décolleté, mais ça marche de la même façon.

Une fois le décolleté et le dos démarrés, on commence à travailler en circulaire, et on ne s’arrêtera qu’au moment de rabattre les mailles, environ 40-45 cm plus bas.

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A suivre…

 

Le tricot c’était mieux avant ?

Je ne pensais pas en ouvrant ce blog que la météo aurait un impact si important sur ma fréquence de publication, et pourtant c’est bien la seule raison de mon manque de présence depuis mars, impossible de prendre des photos correctes par ce temps. J’ai l’impression que je commence tous mes articles comme ça.Je radote comme une vieille, et le pire c’est que je radote comme une vieille en ne parlant que de la météo, encore plus comme une vieille, sur un blog consacré à un hobby de vieille.

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Quel sale temps ma bonne dame, le printemps c’est plus ce que c’était, laissez-moi replacer mes bigoudis et je vais vous raconter des histoires de ma jeunesse.

Je perds peut-être la mémoire, mais de mon temps en s’embêtait pas à bloquer ses tricots. Avant l’an dernier je ne savais même pas ce qu’était le blocage, c’est dans les patrons en anglais que j’ai découvert cette technique.

Le blocage est une façon de laver et sécher son tricot une première fois qui permettrait de lui donner son aspect et ses dimensions finales. Il ne faut le faire qu’une fois, ensuite pas besoin de recommencer tout le schmilblick. Depuis que je la connais je boude cette méthode, parce que « ma mémé elle m’a pas appris comme ça » et « c’était mieux de mon temps », « j’ai toujours fait comme ça, je vois pas pourquoi je changerais ». Oui j’ai aussi des réflexions de vieille conne parfois. Je l’ai fait une fois sur le cardigan Grace, mais je n’ai pas été franchement convaincue, il faut dire que je n’avais pas été jusqu’à l’épingler, je l’avais simplement posé à plat.

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Comme il ne faudrait pas mourir idiote, et que la mauvaise foi a ses limites, je voudrais quand même tenter de bloquer un truc dans les règles de l’art une fois pour voir si le jeu en vaut la chandelle. Hop, expression de vieille, c’est cadeau. Il se trouve que j’ai 2 pièces torsadées qui font partie d’un projet que je n’ai pas encore terminé, le pull Lattice or Braid, je les trouve pas super jolies, pourquoi ne pas tenter de les bloquer et faire un petit avant/après pour voir si ça les améliore ?

Voici donc les morceaux de torsades avant blocage. Ils mesurent 23.5 cm de long et 5.5 cm de large.

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Etape 1 : Laver

Je plonge les morceaux de tricot dans mon lavabo de salle de bain rempli d’eau tiède additionnée d’un tout petit peu de lessive au savon de Marseille faite maison, je touille pour bien imprégner la laine. Ensuite je laisse tremper une grosse quinzaine de minutes, là j’en profite pour aller cuisiner.

Etape 2 : Rincer

Une fois le plat au four, je reviens à la salle de bain, je vide le lavabo, je le remplis à nouveau d’eau claire sans ajouter de lessive cette fois. Je retouille, et rebelote, je retourne m’activer ailleurs 15-30 minutes.

Etape 3 : Essorer

J’essore douuuucement la laine sans la tordre. Pour retirer un max d’eau sans déformer les points, j’ai lu que la méthode la plus efficace consiste à mettre le tricot en sandwich entre deux serviettes de bain et marcher dessus. Pour un pull gorgé d’eau, il faudrait peut-être plus de deux serviettes pour tout éponger.

Etape 4 : Épingler

Les fibres de laine s’allongent au contact de l’eau et mes deux morceaux de tricot sont donc plus longs, mais aussi plus fins car ils s’étirent sous leur propre poids. J’épingle la laine aux dimensions prévues. Mes deux morceaux doivent mesurer, une fois bloqués, 23.5 cm sur 6.5.

Il existe des tapis de blocage, ça ressemble aux tapis de jeux en mousse façon puzzle, mais je n’en ai pas. J’ai utilisé un coussin, il faisait juste la bonne taille et j’ai pu le placer à l’endroit où la laine sécherait le plus vite.

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Le morceau de gauche est bien épinglé droit, c’est le coussin qui est un peu déformé sur la photo qui donne cette impression. Ma DMLA va bien, merci 🙂

Etape 5 : Repasser

Je laisse sécher toute la nuit. D’après ce que j’ai pu lire il faut repasser avec une pattemouille, mais tu m’as bien regardée, je vais pas sortir la planche à repasser pour 2 pauvres bouts de laine !

Résultat

Voilà ce que donnent mes torsades une fois bloquées :

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Ce n’est pas très flagrant comme ça, un petit montage « avant/après » s’impose :

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Il y a bien une différence, bon c’est pas l’Ohio, mais on voit effectivement que les bords sont droits (au lieu de suivre la courbure de la torsade) et on distingue mieux les points. Je n’aurais pas pu obtenir un résultat aussi net sans épingler, il faut bien le reconnaitre.

Les torsades ont l’air moins grossières, et elles ressemblent beaucoup plus au résultat que je voulais obtenir. Au toucher, la laine est plus souple, et aussi moins épaisse.

Conclusion : d’accord, d’accord, je vais arrêter de faire ma mauvaise tête, et reconnaitre que ça ne m’a pas demandé un effort si considérable. L’avant/après est assez parlant, en tout cas pour un œil averti. De toute façon le but de la manœuvre n’est pas de récolter des compliments du type « wow, ton pull est super bien bloqué ! » mais plutôt de soigner les finitions de son travail, et d’avoir la satisfaction d’un résultat impeccable après avoir passé des heures sur son projet.

OK, c’était pas mieux avant, pour une fois les nouvelles techniques gagnent le match. Mais c’est bien une exception, il va falloir se lever tôt pour me voir tricoter à la continentale… quoi que… affaire à suivre ?

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Bye Winter

Je ne sais pas où est passé le mois de mars. Sans rire, lundi dernier on s’apprêtait à fêter la Saint-Valentin, j’ai cligné des yeux et paf, mon anniversaire est passé, c’est l’heure d’été, il commence à faire trop chaud pour porter ses pulls en tricot…

Qu’est-ce que j’ai bien pu fabriquer de mi-février à mi-mars pour que le temps passe si vite ?

J’ai pris le train, 2 fois, 8h à chaque fois. J’ai été (et suis toujours) pas mal impliquée dans des projet musicaux, mais surtout, j’ai beaucoup tricoté, enfouie sous un plaid en maudissant le mauvais temps. J’ai commencé à entendre des « ça y est c’est le printemps » dès la mi-février, alors pour les toulousains, certainement, mais pour les nordistes il nous a fallu attendre encore un bon mois pour voir les fleurs éclore et les températures remonter un peu.

Certains de mes tricots de mars méritent leur article rien qu’à eux, je me les garde sous le coude, en revanche j’ai bien envie de présenter maintenant 3 petits projets qui m’ont permis de faire passer ce mois à toute vitesse.

Je commence par les chaussettes « Cup of Tea » en Phil Folk 50 coloris givre.

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J’ai bien aimé tricoter cette laine, mais j’ai moins aimé tomber en panne aux 3/4 du projet alors que Phildar indique qu’une pelote suffit pour une paire de chaussettes. J’ai du en racheter une qui évidemment ne provient pas du même bain, et ça se voit. Dommage.

 

Ensuite j’ai enchaîné avec un bonnet en laine La Bien Aimée, j’ai été conquise par les photos du modèle Constellate : le motif qui rappelle des torsades, mais entièrement tricoté en côtes 1/3, ça m’a beaucoup plu. Le motif se fait en piquant dans les rangs du dessous et en faisant des boucles avec la laine, c’est facile et le résultat est bien épais et chaud.

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Et pour finir, une deuxième paire de chaussettes : les City Rollers, tricotées en Madeline Tosh. J’ai été bluffée par la douceur de cette laine, c’est plus doux que des chaussons.

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La laine Madeline Tosh m’a également réservé une bonne surprise, puisqu’elle provient d’élevages qui ne pratiquent pas le mulesing, dont je parlais dans mon article sur le tricot éthique. Je l’ignorais et je suis ravie d’apprendre que ce n’est pas si difficile de trouver de la laine « éthique ».

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Ici aussi, on a l’impression que les deux chaussettes ont été tricotées avec 2 pelotes différentes, mais il s’agit bien du même écheveau, bizarrerie due à la teinture artisanale à la main je suppose. Elles sont très légères, et je pense qu’elles pourront m’accompagner une partie du printemps sans pour autant être trop chaudes.

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Et la couture, dans tout ça ?

Je n’ai pas eu du tout envie de coudre depuis quelques semaines. Pas eu beaucoup le temps, non plus, mais l’inspiration a frappé au cours d’une sortie shopping dont je suis rentrée bredouille, mais des idées plein la tête, et je compte m’y remettre très bientôt (enfin quand les 4-5 concerts d’avril seront passés, une broutille !).

Raglan sweater de Jane Richmond

Après 3 mois à tricoter du noir, du noir et encore du noir, je ne suis pas fâchée d’avoir enfin terminé ce pull. Qu’on se comprenne bien, c’est une laine agréable à tricoter et le pull est joli, mais existe-t-il plus ennuyeux que du jersey noir, des kilomètres de jersey noir ?

Le vêtement est simple et il n’y a pas grand-chose à dire dessus. Mais j’en ai bien bavé pour le finir, alors il méritait bien son article quand même.

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J’en étais là quand je me suis aperçue qu’il y avait un souci.

Le modèle est une création de Jane Richmond, celle à qui l’on doit mon article le plus dithyrambique à ce jour (oui j’ai checké l’orthographe avant de poster).

La première fois que je l’ai commencé, c’était avant Halloween, j’ai choisi la taille M, et c’était parti pour 3 semaines / 1 mois. Passé ce temps, j’ai enfin regardé ce que j’étais en train de faire et remarqué qu’on pouvait en mettre 2 comme moi là-dedans ! Hop, détricotage, on recommence tout, en taille S cette fois.Entre temps Noël est arrivé, j’ai mis de côté mon tricot pour faire mes cadeaux maison, et je suis tombée à court de laine vers mi-janvier. Le temps que je me décide à en racheter, j’ai fini mon pull mi-février environ.

Une fois terminé, je l’ai trouvé encore un peu grand, et pas très ajusté, alors je l’ai porté avec une chemise dessous, pour le « remplir ». Je pense que c’était la première fois depuis le collège que je portais une chemise sous un pull, j’avais oublié à quel point je déteste ça. Je le trouvais lourd, gros, informe, j’étais mal à l’aise, engoncée. Mais vu le temps passé dessus, il n’était pas question de le remiser au placard sans le porter au moins une journée !

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Le lendemain je l’ai réessayé sans chemise, sans trop y croire. C’est tout de suite beaucoup mieux ! Effectivement les manches sont larges, mais je m’y ferai (et le premier qui me dit « ben pourquoi tu les retricotes pas avec moins de mailles », je lui fais bouffer mes aiguilles. Je ne plaisante pas). Il est très confortable, pas lourd du tout, ce n’est certes pas le vêtement le plus habillé que je possède, mais pour aller au ciné un dimanche de brouillard, il n’en faut pas plus.

Un grand merci à ma copine d’orchestre Mélisa qui m’a donné la laine, c’est la Aviso de Phildar, il m’a fallu 11 pelotes 1/2 très précisément (c’est conforme aux recommandations du site qui conseille 13 pelotes pour un pull taille 42).

L’éthique, les animaux et le cri de la carotte

Je fais partie de ces personnes qui considèrent qu’on s’exprime aussi bien avec son portefeuille qu’avec son bulletin de vote.

Sachant cela, je fais naturellement aussi partie de ces personnes qui aimeraient bien que chacun de leurs achats corresponde à leurs valeurs, mais qui n’ont pas le budget qui va avec.

Par conséquent, je suis là encore pétrie de contradictions. Je suis contre les méthodes de management d’Amazon, je préfère soutenir un maximum les PME et autres artisans-commerçants établis en France, mais quand j’ai eu besoin de me faire livrer un produit très rapidement, j’ai souscrit au mois d’essai gratuit Amazon Premium pour être livrée le lendemain sans payer 10 euros de frais de port.

Dernièrement la blogueuse/youtubeuse Coline, de la chaîne « et pourquoi pas coline » a posté une vidéo sur la laine, et pourquoi les végans n’en portent pas :

(Remarquez qu’on peut parler véganisme sans juger, expliquer sans s’énerver, et par-dessus le marché rester polie dans les commentaires.)

En tant que consommatrice qui essaie de faire coïncider autant que possible ses convictions et ses achats, sa vidéo me donne à réfléchir aux matières que j’utilise pour mes hobbies. Je suis tiraillée entre mon envie de « bien » consommer, et mon adoration pour la laine mérinos… ça peut pas être vrai, ce qu’elle dit, hein ?

Mon esprit critique (et mon envie de me rassurer) me fait remarquer qu’elle ne cite pas de sources : d’où viennent ses infos ? Sont-elles fiables ? De même, quand elle parle de l’arrachage des poils des lapins angora, je me dis « oui mais si ça se trouve c’est pas des élevages français… il doit bien y avoir des normes différentes en France, plus respectueuses ! »

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Hein dis c’est pas vrai ?

En fait la question des normes appliquées en France, après recherche, n’est pas très pertinente. D’après les infos que j’ai trouvées (sur des sites non partisans), l’écrasante majorité de la laine vendue en France provient de l’étranger. Elle est achetée par lots à des négociants et sa traçabilité est pratiquement impossible. Même si je trouvais les normes d’élevage fixées par le ministère de l’agriculture ou par l’union européenne, ça ne me rassurerait pas sur le traitement des animaux qui ont fourni la laine que je tricote, qu’elle ait été achetée à une petite boutique française ou sur internet.

On dirait bien que je vais avoir du mal à refermer cette boîte de Pandore… Mais du coup, si je décide de ne plus tricoter de laine animale, il faut que je me tourne vers le coton ou les matières synthétiques, très discutables elles aussi écologiquement, et exit les petites boutiques de laine teinte à la main en France, je devrais retourner vers des marques plus conventionnelles… qui ne produisent pas en France. Du coup plus d’engagement local, fini les petites entreprises… qu’est-ce qu’on fait alors ? On arrête de tricoter et on achète nos vêtements made in China, et on engraisse les multinationales  ?

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En fait à moins de vivre en autosuffisance, il me semble impossible de vivre à 100% en accord avec tout ce qui me tient à cœur.

J’ai été végétarienne pendant environ un an, et j’essaie encore de ne pas trop manger de viande. Combien de fois j’ai pu entendre « et la carotte, si ça se trouve elle a mal quand tu la coupes » (« wow tu as tellement raison ! LIBERONS – LES CAROTTES ! LIBERONS – LES CAROTTES ! » said no vegan ever). Combien de fois j’ai pu entendre/lire : « ah ouais t’es écolo mais tu conduis une voiture, donc tu pollues, et tes vêtements sont fabriqués en Chine, donc tu t’intéresses plus au bien-être animal qu’aux enfants qui ont fabriqué ton pantalon. » Certes. Mais toi aussi tu t’habilles chez H&M, et toi aussi, t’as une voiture, donc sur ces points tu pollues autant que moi, mais toi en prime tu manges de la viande, donc tu auras beau pointer tous les défauts que tu veux dans mon comportement, fous-toi de ma gueule si tu veux, ça n’invalide pas mon discours et ça n’efface pas les défauts de TON comportement. La paille, la poutre, l’œil du voisin, tout ça.

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C’est là que je dois me souvenir que je n’ai pas à me sentir responsable personnellement de tout ce qui ne va pas dans le monde. Je suis consciente de ce qui ne va pas, j’essaie de donner une direction à mon comportement, en faisant au mieux avec mes moyens, et c’est déjà plus que ce que font la plupart des insurgés du cri de la carotte. L’engagement ce n’est pas un concours permanent. Je fais déjà ce que je peux à mon petit niveau, je sais que ce n’est pas parfait mais je m’en contente pour le moment.

Même si la vidéo de Coline m’a ouvert les yeux sur une problématique que je ne connaissais pas (ou que je feignais de ne pas connaître, en tout cas), je ne pense pas que je changerai d’avis, du moins pour l’instant. En attendant de trouver LA marque qui proposerait un fil synthétique non polluant, produit en France de façon artisanale et qui ne coûte pas 3 mois de salaire, je continuerai sûrement d’acheter de la laine mérinos, mais je le ferai en sachant ce qu’il en est des conditions d’élevage. Par contre pour l’angora et le cachemire… je crois que c’est mort. Si mon comportement ne change pas dans l’immédiat, l’idée fera peut-être son chemin ?